Études: Baudelaire, Paul Claudel, André Gide, Rameau, Bach, Franck, Wagner,…

(6 User reviews)   2899
Rivière, Jacques, 1886-1925 Rivière, Jacques, 1886-1925
French
Ever wonder what happens when a brilliant literary critic turns his attention to music? That's the fascinating experiment Jacques Rivière pulls off in 'Études.' This isn't your typical collection of essays. Rivière, a key figure in the Parisian literary scene, tries to figure out what makes a great composer tick by using the same tools he'd use on a poet like Baudelaire. He listens to Bach, Wagner, and Franck not just as sounds, but as texts full of meaning. The real thrill is watching a master of words stumble, get excited, and sometimes brilliantly connect ideas across art forms. It’s a peek into a curious mind trying to build a bridge between two worlds that don't always speak the same language.
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est docile et pleine. Elle vogue obéissante, avec sa fantaisie ployée. On n'y trouve jamais de ces vers qui s'empressent dans une interminable voie droite, qui s'ajoutent les uns aux autres, qui se multiplient spontanément. Mais chaque pièce est le détour pur d'un courant, la fidélité de l'eau entre des rives tournantes. Cette poésie conduite entraîne dans son nombre tous les mots. Les plus rares y sont pris avec les plus familiers, les plus humbles avec les plus hardis. Mais, plongés dans le sûr et délicat mouvement de l'ensemble, aucun ne surprend. Etrange train de paroles! Tantôt comme une fatigue de la voix, comme une modestie soudaine qui prend le cœur, comme une démarche pliante, un mot plein de faiblesse: Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve Trouveront dans ce sol lavé comme une grève Le mystique aliment qui _ferait_ leur vigueur[2]. Ou bien: Cybèle, qui les aime, _augmente_ ses verdures[3]. Subtile restriction qui vient diminuer la densité du vers. Choix de la petitesse. Compromis avec le silence. Tantôt au contraire les mots les plus forts se débattent emportés, étouffés. Ils roulent sans cri. Ils ont été arrachés aux rives et se perdent dans la puissance muette et contenue du cours poétique: Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues, Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond; Sur les bords duvetés de vos mèches tordues Je m'enivre ardemment des senteurs confondues De l'huile de coco, du musc et du goudron[4]. Sur ses poèmes le poète ne cesse d'exercer son empire. Il les mène, lents et suivis. Il fléchit à son gré leur intention. Il les dirige par l'influence de son goût. Il aime appeler à son service les mots imprévus,--on pourrait presque dire saugrenus. Mais c'est pour réduire aussitôt leur étrangeté, pour faire couler sur elle une harmonie, pour modérer l'écart que par caprice il ouvrit[5]. Comme ceux qui se sentent parfaitement maîtres de ce qu'ils veulent dire, il cherche d'abord les termes les plus éloignés; puis il les ramène, il les apaise, il leur infuse une propriété qu'on ne leur connaissait pas. Il est _poète_, c'est-à-dire qu'il _façonne_ des vers comme un ouvrage audacieux, utile et bien calculé. * * * * * Une telle poésie ne peut pas être d'inspiration. Elle a des élans sans doute, mais qui ne sont que la délivrance de la faculté poétique en travail. Baudelaire lui-même se décrit en train d'errer et Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés[6]. Le jaillissement des phrases qui semblent le plus spontanées, est toujours comme une subite solution, comme un éclair préparé. Et de même que la pensée qui monte, enfin déliée, s'arrache sans hâte à l'obscurité qu'elle fut, de même le jet poétique retient de sa longue virtualité une lenteur: J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre[7]... Il est solitaire comme une grande fleur. Jamais chez Baudelaire les images ne foisonnent sur place ainsi que chez les inspirés. Le poète a horreur des situations poétiques, des idées dont la simple énonciation fait bondir à l'entour les métaphores comme des flammes. Il n'aime pas à être environné et enfermé par le resplendissement de sa fantaisie. Il ne se donne rien en commençant. Mais les images naissent autour de sa parole; elles se lèvent éveillées par celle-ci; elles lui restent jointes; elles lui font un cortège discipliné. Elles montent au long d'un simple vocatif, le soutiennent, l'éclairent d'une lumière dense et sombre: Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne, O vase de tristesse, ô grande taciturne[8]... Elles sont la forme même de l'élocution, elles suivent le mouvement de la phrase, elles sont prises...

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The Story

There isn't a plot in the traditional sense. Think of this book as a series of intellectual adventures. Jacques Rivière, the sharp editor of the famous Nouvelle Revue Française, sits down with the work of giants: the dark poetry of Baudelaire, the spiritual dramas of Paul Claudel, the complex music of Bach and Wagner. He doesn't just describe them. He investigates them. He asks what their structure, their emotion, and their very essence can tell us about art itself. The 'story' is the journey of his thoughts as he moves from analyzing a line of poetry to deciphering a musical phrase, looking for the common heartbeat in great creation.

Why You Should Read It

This book is special because it feels personal. You're not getting a dry lecture. You're getting Rivière's honest, sometimes struggling, reactions. He admits when music resists his literary analysis, and those moments are as revealing as his successes. His passion is contagious. When he writes about the 'moral architecture' in Bach or the overwhelming sensation of Wagner, you feel like you're discovering these artists alongside him. It’s a masterclass in paying deep attention, whether the subject is made of words or notes.

Final Verdict

Perfect for curious readers who love arts and ideas, but hate stuffy criticism. If you've ever listened to a piece of classical music and wondered, 'What am I supposed to be feeling?' or read a dense poem and wanted a smart, passionate guide, Rivière is your man. It’s especially rewarding for literature fans ready to dip a toe into music analysis, and vice-versa. Just don't expect easy answers—expect a thrilling, head-first dive into the creative deep end.



ℹ️ Copyright Status

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Carol Lopez
1 year ago

Without a doubt, the character development leaves a lasting impact. Exceeded all my expectations.

Elizabeth Ramirez
2 months ago

Loved it.

Liam Garcia
1 year ago

Simply put, the character development leaves a lasting impact. Thanks for sharing this review.

Sarah Lopez
9 months ago

This is one of those stories where the flow of the text seems very fluid. A valuable addition to my collection.

Emma Anderson
1 year ago

Citation worthy content.

4.5
4.5 out of 5 (6 User reviews )

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